Confronté dès son enfance à l’injustice sociale élaborée durant une soixantaine d'années, les angoisses qui déchirent l'homme moderne, mohamed raghi passe sa vie à défendre ses idées de grandeur. A 64 ans, il n’a rien perdu de ses principes
Il mène une vie modeste. N’occupe pas de postes importants, alors que ses capacités l’y prédisposaient , jouit de l’amour et du respect de tous ceux qui le connaissent : proches, lointains ,politiciens de tous bords, voisins et disciples. Il est surtout le favori des hommes de lettres, qui s’y réfèrent pour approfondir et étayer leurs articles. Car il a toujours un plus à ajouter, une autre version de l’Histoire puisée dans sa propre expérience de militant du pays
Homme de lettres et homme d'action mohamed raghi plaide pour l'humanisme, dans lequel il voit l'avenir de son pays. Il sait conserver cette fraîcheur d'esprit qui fait la qualité de ses œuvres. mohamed raghi a des yeux qui se cachent derrière des lunettes à l’armature légère, on les dirait d’abord ceux linéaires d’un commissaire priseur, mais brusquement ils surgissent comme d’un affût, semblent se braquer sur le silence et interroger le vide. Il y a comme une dynamique de l’antagonisme dans cette physionomie. Le visage est pris entre la finesse gracieuse des traits et le surgissement hagard des yeux. Aucune violence, si ce n’est contre soi-même, mais là, il ne s’agit pas de violence métaphysique ou existentielle. Ce visage-là est un visage de poète. Il porte la violence des mots, des contradictions, du temps, de l’espace, de l’exil. L’homme et le poète sont confrontés avant de se joindre, il leur faut même pour se joindre se confronter. De cet antagonisme et presque de ce conflit naît le poème. Ainsi, tout poète est marqué par cette lutte, cette collision, ce débat charnel entre l'expression pure et les circonstances de la vie : « En dépit de tous nos discours sur la poésie pure, l'image, la langue et la métaphore ont leur référence dans la réalité de mohamed raghi
qui incarne les vertus de son peuple : le courage, la générosité, la gaieté, le goût de la vie et celui des lettres, le respect d‘autrui et l'ivresse de la liberté.
La sérénité que dégagent ses traits fins d'un homme du Haut-atlas, son calme et sa tenue de « haut fonctionnaire » qui inspire la confiance, et l'ordre naturel avec lequel il exprime ses idées n'ont rien à voir avec les personnages mutilés qu'il a créés pour refléter la crise de l'homme moderne. Ce dernier apparaît dans ses œuvres comme une créature déformée, étouffée par les contraintes sociales et hantée par un sentiment de culpabilité. Une vision kafkaïenne de l'homme des grandes villes. «
Bien que la grande majorité de son œuvre décrive la misère de la vie moderne dans une vision cauchemardesque, il semble que son admiration de la nature et sa recherche de relations humaines chaleureuses aient atténué la noirceur de cette vision au niveau personnel, même s'il est vraiment difficile de discerner cette dernière influence dans ses poemes. Elle est plus présente en revanche dans ses essais , L'amour et l'amitié dans la littérature arabe ancienne. Il semble que malgré sa vision de la condition de l'homme moderne, il ait gardé dans son intérieur de pratiquant musulman de bonne foi la recherche des piliers de la sagesse orientale ancienne qui le suit comme son ombre reflte L'impression d'un homme sage et expérimenté.
Sa vocation de poete a commencé à l'âge de douze ans au début de ses études secondaires ). Il noue des relations d'amitié avec ses professeurs d'arabe. Ces derniers ont remarqué le talent de leur élève à travers les rédactions rimées que Raghi écrivait. L'influence de l'héritage de l'ancienne littérature arabe se retrouve encore aujourd'hui dans ses proses au niveau de la narration, de l'insertion de la poésie, mais surtout à travers un humour qui renforce le sentiment d'intimité avec le lecteur. Mais il semble que la tradition arabe, marquée par la tradition orale et le par cœur, ait eu une grande influence sur la personnalité de raghi.
Il décrit des gens constamment courbés, dans leurs maisons, dans les autobus, dans les rues. Il utilise plusieurs niveaux de narration, comme les cauchemars et les allusions et son écrit se déroule à plusieurs moments pour refléter la complexité de la vie de l'homme.
« Durant toute sa vie il a écrit sur les déchirements de l'homme moderne. Mais chez lui plus que chez tout autre il semble qu'il faut réellement faire la distinction entre une œuvre et l'être humain qui l'écrit. le poète porte avec lui la nostalgie de lui-même et du monde, répétant les mêmes pas perdus dans des combles de non-lieu, des serrements de pensées hostiles.notre poète participe comme un peintre à la passion du reflet, de l’image, non en la subissant, mais en accompagnant son mouvement, en suivant son dynamisme intérieur. Il suscite la langue oubliée des arbres, des champs, des pierres, du fleuve et des maisons que l’on gomme de l’espace
Actuellement, il vit entre sa zaouiya qui ressemble à un monastère , rue lalla yza ou hmad à la kasbah et l'écriture chez lui dans sa maison, , située dans un coin très calme du quartier sidi youssef ben ali loin de la foule. C'est là qu'il vit tranquillement en pére et grand-pére comblé mais sage .