Feu
Hammad Hilmi
Artiste-peintre et sculpteur
Par : Mghazli Ahmed Chawki
obre mais élégant, feu Hammad Hilmi était l'image d'un homme sans artifice affable et cordial ; on retrouvait dans sa manière
d'être, à la fois calme et sereine , un brin provoc dont La vie n'était à ses yeux qu'une une suite fortuite de circonstances. Son talent de portraitiste avait fait de lui un personnage qui
ne se laissait enfermer dans aucune catégorie à l'exception de l'humanisme pleinement réaliste racontait-t-il en soulignant que l’essentiel était d’avoir un objectif clairement défini
dans la vie, il disait haut ce qu’il pensait ; mais il était difficile de prévoir sa réaction.
Quand il pensait aux étapes de sa carrière qui avaient fait de lui ce qu'il était devenu ; il aimait mettre un point
d'honneur sur le fait que chacun de ses projets a été pensé dans le but d'apporter à son pays quelque chose qu'il n'avait pas, de rendre service aux gens en leur offrant ce qui leur manquait ,
Sans jamais se départir de son humour.
Quand Hammad Hilmi considérait sa carrière en essayant de prendre du recul, il estimait que tout ce qu'il avait obtenu n'était que
le fruit de son travail. Il ne croyait ni à la chance, ni au hasard. Selon lui, s'il multipliait les succès, c'est que, très jeune déjà, il avait compris que ce n'est pas en passant des
soirées entières à la terrasse d'un café ou en s'amusant qu'on arrivait à quelque chose dans sa vie. L'homme peut nous sembler très catégorique. Or c’était son travail qui a donné tout son
sens à sa vie. « Je n'ai pas honte de dire que le travail occupe la place numéro un dans ma vie. Rien ne m'amuse plus que le travail. Sans le travail, un homme n'est rien ».disait il.
Depuis, Hilmi hammad s'était donné pour mission de restaurer les monuments historiques du patrimoine marocain. C'est ainsi
qu'il a restauré de par le Maroc des dizaines de monuments : la medersa bouaanania En 1948 al quaraouine al misbahiya à Fès ainsi que la mosquée assaadiyine à Taroudant
Qu’oba al bouidiyine, qu’oba mourabitine Le musée Dar si Saïd le palais al badii le plais al Bahia l'agdal à
Marrakech et j'en passe. .
Des restaurations auxquelles il n'oublie pas d'apposer sa signature en faisant entrer dans les édifices des dessins surréalistes,
de nouveaux matériaux et différentes combinaisons novatrices de couleurs vives.
Ce goût singulier — et apparemment contradictoire — pour le bas relief dans il excellait – entre autre bas relief de feu SM Hassan
II sur le revers du dirham 1961, bas reliéf de l'ex président français Georges Pompidou, du président lybien quaddafi ; du président sikoutouré- ce gout qui se partage entre un amour
pour l'ancien et une fascination pour tout qui est nouveau, le plaçait souvent du coté des grands artistes avec la réalisation de la maquette du mausolée de feu SM le roi Mohamed V en
1961.
A-t-il eu des déceptions ? « Je ne me suis jamais posé la question en ces termes. J'ai donné beaucoup de satisfaction à mes
collègues, vo toan , louis gourau et c'est quelque chose qui est important pour moi. Je suis fier de ce que j'ai fait, je suis content de chacun des projets qui sont arrivés à terme.
Hilmi hammad mettait sa réussite sur le compte de son amour pour son pays et de sa volonté profonde de l’illuminer en
conservant une réputation exemplaire. De l'humanitaire civique en somme.
Consciencieux et ponctuel dans son travail, Hammad détestait les vacances ,Des années durant il n’en avait pas pris et il n’en
souffrait nullement, car cela occupait son temps et sa vie. « Si je dois prendre mon congé annuel, c’est pour me rendre en pèlerinage à La Mecque ou faire une omra. Ce sont des moments qui
m’apportent bien-être et spiritualité », lançait-t-il avec des yeux brillants et pleins de bonté.
MGHAZLI Ahmed Chawki le 09 décembre 2007...