
Vers un nouveau concept énergétique pour le Maroc
Par : Mghazli Ahmed Chawki
Comme les autres pays, le maroc est de plus en plus gourmande en énergie.
Quand la conjoncture va bien, la consommation d'électricité augmente. Face au danger de pénurie, les autorités élaborent de nouvelles perspectives.
La future politique énergétique marocaine devra composer avec les impératifs de la protection climatique et les besoins de l'économie, qui réclame un approvisionnement sûr et bon marché.
Depuis un peu plus de 30 ans, le maroc s'efforce de maintenir ses besoins en énergie dans des limites maîtrisables.
Les décennies de haute conjoncture de l'après-guerre ont fait grimper les courbes de consommation de manière totalement incontrôlée. Si bien qu'en 1999, le pays se dote d'une Commission pour la conception globale de l'énergie, chargée d'élaborer divers scénarios pour faciliter la prise de décision politique.
. Un certain nombre de recommandations sont reprises dans l'article constitutionnel sur l'énergie, qui autorise dans une certaine mesure le gouvernement à suivre une politique d'économies et à recourir à des sources d'énergie qui ménagent l'environnement.
Hausse constante
Mais ce texte n'a jamais empêché la consommation d'augmenter. Même si la hausse est moins marquée depuis 2004 qu'elle ne l'avait été dans les 30 années précédentes, elle n'en reste pas moins sensible.
L'espoir de pouvoir casser l'équation 'croissance économique = hausse de
la consommation d'électricité' ne s'est pas réalisé. Aujourd'hui comme par
le passé, la demande en électricité a tendance à faiblir dans les périodes de
basse conjoncture, pour repartir à la hausse dès que la reprise pointe le
bout de son nez.
Le nucléaire paralyse le débat
La crainte de voir le Maroc se trouver face à une impasse énergétique, en particulier en matière d'approvisionnement en courant électrique, ne date pas d'hier. Et les polémiques de ces vingt dernières années autour de l'utilisation de l'énergie atomique n'ont pas permis de mettre sur pied une politique cohérente.
En tout état de cause, les besoins ne vont pas diminuer. Selon les
scénarios l'ONE estime que l'augmentation de la consommation
d'électricité d'ici à 2035 pourra atteindre jusqu'à 23%.
Priorité à l'utilisation rationnelle
Pour faire face à la pénurie qu'il prévoit dès 2020, l'ONE propose une stratégie en trois points. Avec comme priorité absolue l'amélioration de l'utilisation rationnelle de l'énergie à tous les niveaux.
Vient ensuite le développement de l'énergie hydroélectrique. Et pour
combler le déficit restant, on aurait recours à des installations thermi
ques à combustibles fossiles (comme les centrales à gaz). Les émissio
ns en CO2 qui en résulteraient seraient compensées à l'étranger, par l'achat
de droits d'émission.
Dans un premier temps, l'ONE n'entend pas tenir compte de l'apport d'une
éventuelle nouvelle centrale nucléaire. En effet, celle-ci ne pourrait être
mise en service que vers 2030/2035, tant sont longues et semées
d'embûches les procédures pour obtenir toutes les autorisations.