Marrakech
havre de paix
ou ghetto de tous les dangers ?
Mghazli Ahmed Chawki
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Très dense et étendue au quotidien Un climat d’insécurité d’une ampleur et d’une intensité jamais atteint règne a Marrakech, Les premières agressions pérpétrées d’abord dans la banlieue de manière récurrente, souvent à la périphérie de la ville .
prenons le problème à la racine pour déconstruire ce qu’il faut bien appeler le mythe de l’insécurité ; Les causes peuvent-elles être réduites à une ou plusieurs dimensions ? Les raisons sont multiples : chômage, nature des quelques emplois proposés, précaires et déqualifiés, avec des mesures vexatoires un encadrement familial souvent défaillant (nombreuses familles monoparentales, Faible exemple des « grands frères ») ; La question de l’école et du travail est centrale. Une étude en 2007 souligne l’échec scolaire (40% des garçons sortent de l'école sans diplôme, 27 % des filles) ; cet échec est corrélé à une accumulation de handicaps culturels, sociaux, économiques ce qui entraine une large diffusion de la « culture de rue » ; des problèmes d’urbanisme concernant l’habitat social ; une disparition des anciennes formes d’encadrement (syndicats, associations), le relâchement du lien social, perte de la notion de bien commun ; insuffisance puis suppression de certains dispositifs emplois-jeunes…) le répartissement élargi de la police de proximité ; l’attrait pour des modes de consommation inaccessibles ;le rôle de la délinquance, l’emprise des trafics (drogue) ; la capillarité des réseaux ; absence de revendications explicites, de coordination induisant un fond persistant de ressentiment alimenté par des frustrations chez ces jeunes (qui se traduit parfois par un comportement de désespoir, voire d’auto-mutilation Cette génération se trouve aujourd’hui confrontée à des discriminations et des problèmes d’emploi de déclassement et de déqualification et manifeste alors des réactions de désespoir et de haine profondes...
La ville s’est peu à peu dégradée et appauvrie, marquée par le départ des classes moyennes de l’ancienne médina, largement représentées à l’origine, et par l’arrivée massive, et accélérée par le regroupement familial, de populations défavorisées, d’origine paysanne du Haouz. La délinquance s’est largement développée ; Le défi du vivre-ensemble et de la sécurité - La crise d’identité et culturelle des jeunes des quartiers défavorisés ; la question centrale reste celle de l’éducation (avec la nécessité de mieux former et rétribuer les enseignants, et de réformes au niveau des structures éducatives qui inspirent un plus grand niveau de confiance chez ces jeunes dans l’équité de la société dans laquelle ils vivent. », L aspiration aux études longues, est fortement dévalorisé et connaît une crise profonde ; quant à l’apprentissage (qui nécessite un contrat signé par un patron), seuls 11% de jeunes y ont accès. Les rares emplois auxquels ils accèdent présentent une grande précarité structurelle et leur rend impossible la construction d’une vie professionnelle et matrimoniale
Ce climat témoigne de la confrontation aux difficultés d’insertion d’une nouvelle génération qui, un peu à la manière des générations délinquantes qui se succèdent, renvoie à la problématique du dernier arrivant dans une société qui se «pluriculturalise ». Il révèle les dimensions territoriales des inégalités sociales et leurs effets ségrégatifs Cette vision concentre tous les maux sur l’école et tous les espoirs sur elle. Nous serions face à une société enkystée dans ses difficultés qui n’auraient fait qu’ajouter des pansements et de l’assistanat ou de la dépendance sans créer aucune dynamique positive.)