Evolution favorable de L'économie marocaine
Malgré un ralentissement de la croissance
marquée par une forte volatilité
Mghazli Ahmed Chawki
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La plupart des observateurs économiques et financiers au Maroc s'attendent à un ralentissement de la croissance pour l’année budgétaire 2008/09, dû notamment au ralentissement des investissements Le Maroc n'a pas été épargné par la dégradation de l'environnement économique international en 2007. La croissance économique pour 2007 s'établit à 2,1% contre 8,1% l'année précédente 2006. Ce chiffre est atteint en dépit d'un recul de 19% du secteur primaire (campagne céréalière désastreuse) et résulte surtout de la performance des secteurs non agricoles qui ont progressé de près de 6% sous l'effet du dynamisme notamment des activités financières et d'assurances (18,6%), des postes et télécommunications (14,4%), du bâtiment (8%), du commerce (4,8%), du transport (4,2%) et du tourisme.
Ce scénario confirme le poids de la production agricole dans le PIB du Maroc et la forte dépendance de cette production à la pluviométrie..
Avec un taux de croissance de 2,1% en 2007 contre 8,1% en 2006, on ne peut pas dire que l'année écoulée ait été excellente.
Il convient néanmoins de noter le bon comportement des activités non agricoles. Tempérée par une (très) mauvaise campagne céréalière, le dynamisme de l'activité économique repose notamment sur les secteurs concurrentiels que sont l'industrie, les services ainsi que les bâtiments et travaux publics (BTP). Le BTP est une activité en phase de forte croissance portée par les grands chantiers et le développement touristique (voir point 3, tendances sectorielles).
L'investissement a connu une accélération de son rythme de progression en 2007 (34% contre 31,6% en 2006), sous-tendu notamment par une amélioration des dépenses en biens d'équipement (hausse de 20% des importations de biens d'équipement).
Subissant les effets de la sécheresse, de la flambée des prix du pétrole et des produits alimentaires et de la vigueur de l'investissement, le déficit de la balance commerciale s'est à nouveau creusé durant l'année 2007 : on note une aggravation de 36,5% par rapport à 2006 (contre +6,9% en 2006). Tandis que les exportations n'ont augmenté que de 7% par rapport à 2006 (au lieu de 13% l'an dernier), les importations ont connu une croissance de 22%.
Le taux de couverture recule quant à lui de 5,8 points pour s'établir à 47%.
Malgré tout cela, il semble que l'évolution favorable des transferts des Marocains résidant à l'étranger (+15%) et des recettes touristiques (+13%) continue à jouer un effet compensatoire, permettant d'absorber l'impact du déficit commercial sur la balance courante. Dès lors, le compte courant de la balance des paiements devrait, pour la septième année consécutive, dégager un solde excédentaire.
Pour 2008, le gouvernement s'est fixé comme objectif une croissance de 6%. Néanmoins, étant donné la vulnérabilité de cette croissance vis-à-vis des chocs affectant les résultats agricoles, cet objectif paraît bien ambitieux.
Comme évoqué au point précédent, la baisse des pluies en 2007 s'est traduite par une chute spectaculaire du PIB agricole (- 19%). Cette baisse est imputable à la forte contraction de la récolte des quatre principales céréales qui, avec 20,4 millions de quintaux, a régressé de plus de 75% par rapport à la campagne précédente.
Les activités minières et énergétiques connaissent une diminution de 1,8%. Cette sous-performance serait largement due au manque de vigueur de la demande étrangère en phosphate brut.
La croissance de l'industrie s'est renforcée (+4,7%), en grande partie grâce au dynamisme des industries de l'automobile, des produits métalliques, des machines d'équipements, des appareils électriques et des produits en papier et en plastique.
A proximité du nouveau port de Tanger méditerranée s'érigera le plus grand complexe automobile d'Afrique. Le groupe Renault-Nissan y investira un milliard d'EUR pour l'installation d'un site de production de 400.000 véhicules, en phase de croisière. Cet investissement géant aura certainement un effet d'entraînement pour les zones franches adjointes à Tanger Med.
Le secteur textile, donné pour sinistré vers la fin de 2005, s'est redressé en 2006 et 2007, mais demeure sensible à la dépréciation du dollar. Se positionnant plus que jamais vers le marché européen, les entreprises textiles du Maroc s'inscrivent dans le créneau du fast fashion (vêtements à prix moyens et collections renouvelées tous les mois: Zara, Mango, H&M,...).
Les transports et les communications s'inscrivent également dans la tendance à la hausse des activités non agricoles du Maroc, enregistrant une progression de 6,5%.
Le secteur du BTP (bâtiments et travaux publics) poursuit de manière soutenue la progression de son activité avec une impressionnante hausse de 8% confortée par le dynamisme accru de la branche de l'habitat et surtout par l'ouverture de chantiers d'infrastructures routières et touristiques. Le rythme de lancement des grands chantiers- Plan Azur de développement touristique, port de Tanger Méditerranée, autoroutes, barrages - est élevé, ce qui permet aux entreprises du secteur des BTP de "tourner à plein régime".
Dans le domaine du tourisme, l'embellie se poursuit, soutenue par une politique volontariste intitulée Vision 2010 (objectif de 10 millions de touristes en fin de décennie) et, sur le plan des infrastructures hôtelières, par le Plan Azur. En 2007, les nuitées touristiques ont progressé de 3% et les arrivées de touristes de 13%.
Certes, l'économie marocaine manque d'avantages comparatifs: coût de l'énergie élevé, coût et flexibilité de la main-d’œuvre moins favorable que dans les pays concurrents,...
Néanmoins, le Maroc bénéficie d'incontestables atouts: la proximité et l'accès au marché européen qui semble notamment intéressé à délocaliser certains services aux entreprises (offshoring).
C'est un des volets développé par le Plan Emergence qui préconise notamment la sous-traitance de la production automobile et électronique et invite le Maroc à consolider les secteurs où le pays s'est déjà positionné:l'agroalimentaire, la transformation des produits de mer et l'artisanat.
Relevons plus particulièrement, parmi les grands travaux, le Plan Azur en matière touristique où les sociétés Thomas et Piron et Besix ont remporté des marchés, et le nouveau port de Tanger Méditerranée (Tanger Med) où Besix a obtenu un marché portant sur la construction d'un quai à conteneurs. Il convient également de mentionner le plan d'aménagement de la vallée du Bouregreg, entre Rabat et Salé.
En conclusion,des opportunités existent plus particulièrement(cette liste n'étant pas exhaustive):
- Dans les secteurs de la construction et des travaux publics. Incontestablement, ces secteurs ont connu un développement remarquable au cours des dernières années et cette tendance continue en 2007.
- Dans le pôle automobile, le prochain investissement géant de Renault-Nissan à Tanger Med attirera équipementiers et sous-traitants auxquels les autorités marocaines s'apprêtent à offrir des terrains et des mesures incitatives (zones franches).
- Dans le développement du tourisme: construction d'hôtels et sous-traitance, rénovation de maisons d'hôte, aménagement de plages, de terrains de sport, de marinas,...
- Dans le secteur agroalimentaire. Les opportunités sont très variées, couvrant tout à la fois la transformation alimentaire, la pisciculture, l'agriculture "bio", les médicaments fabriqués à partir de plantes sauvages, l'herboristerie.
- Dans le secteur de l'énergie, notamment les énergies dites alternatives: éoliennes, énergie solaire.