La parole est à celui qui parle le plus fort
Par Mghazli Ahmed Chawki
Le marocain est-il allergique à l'essence démocratique. Faisons le point sur nos réactions avec nos parents, nos enfants, nos amis, nos collègues, notre entourage en somme. Quelle que soit la situation, c'est toujours la logique du plus fort qui prime. On ne s'impose jamais par la solidarité de nos arguments, mais toujours grâce au ton de la voix que l'on prend. Pourtant, de la discussion jaillit la lumière. Nous, c'est au nom de nos propres idéaux, même les plus démocratiques, ou les plus farfelus, que l'on se permet d'ôter la liberté de penser différemment et de parler différemment aux autres. Comme disait Brassens, "Les braves gens n'aiment pas que l'on suive d'autres chemins qu'eux". Mais dans le cas marocain, la source du problème semble être bien plus complexe. Au-delà de ce désir narcissique de s'imposer par l'idéologie et non pas par la pensée, c'est une obsession congénitale pour un état de fait. On veut à tout prix prouver qu'on détient la vérité absolue, et on est allergique à la différence et à toute remise en cause. Ne serait-ce pas cela la définition type de l'intolérance et le chemin le plus court de l'obscurantisme ?