Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Les librairies bouffées par les bazars

images.jpg 

 LIVRE

Les librairies bouffées par les bazars

 Par Mghazli Ahmed chawki

 

A Marrakech, à l'instar des autres régions du Maroc, le livre ne manifeste qu'une présence timide. Les gens préfèrent d'autres espaces culturels. Dans les pays qui aspirent aux plus lointains horizons, le livre est omniprésent. Les autorités lui consacrent le majeur intérêt idem pour les citoyens. Chez nous ce n'est guère le cas. Peu de livres sont publiés et très peu d'espaces accueillent" le fameux papier ", qui n'est pas prêt de céder sa place même avec l'avènement des technologies les plus modernes. Marrakech qui fut la ville lumière d'Ibn el benna Mourrakouchi  et de tant d'autres géants de la science et de la littérature, se retrouve dans une situation indésirable. Les pizzerias  ,les bazars et autres boutiques supplantent les librairies. Ce nouveau phénomène n'est pas propre à la ville ocre, même Casablanca et les autres régions du pays de Tahar benjelloun et driss chraibi ne se distinguent pas. Pour mieux comprendre cette situation, nous avons demandé à des libraires de la région de nous donner leur avis. Tantôt, c'est le prix " astronomique " du livre qui est mis en exergue, la cause est liée à d'autres entraves plus complexes. " Je pense que les gens lisent de moins en moins. A part le parascolaire et le livre de cuisine, on vend très peu de bouquins de littérature ou d'autres disciplines. Peut-être que moi aussi, un jour, je finirai par baisser rideau et me faire une autre activité, un fastfood par exemple, ça devrait marcher beaucoup mieux", estime Amine, un jeune libraire de Sidi mimoune, . L'intérêt réservé au livre est bel et bien loin de ce que mérite notre pays. " Le problème chez nous c'est qu'il n'y a pas de bonne politique du livre. Le lectorat existe, avec toutes ses limites bien sûr, mais on ne lui offre pas assez d'opportunités pour assouvir la soif de la lecture. Sur le marché, la diversité livresque est faible, le dernier salon international du livre l'illustre parfaitement. Tant qu'il n'y aura pas de centre national du livre qui prendra en charge tous les gens du livre, c'est-à-dire les éditeurs, les auteurs, les libraires…la situation restera la même " nous confie un libraire à jemaa el fana . La télévision et l'Internet captivent plus de monde. L'image et le son accaparent un grand public. Peut-être que notre société qui a une culture orale depuis des millénaires se retrouve mieux loin du livre. Ou peut-être qu'on n'a pas pu apprendre à nos enfants " l'art de lire " depuis leur tendre enfance. Une chose est sûre même si les gens ne se bousculent pas pour acheter des livres à Marrakech ou ailleurs, le livre se fait de l'espace même timidement. Parfois ce sont nos trottoirs qui l'accueillent. Ces vendeurs de livres anciens nous laissent espérer, un tant soit peu. " Entre le chagrin et le néant, je préfère le chagrin " écrit William Faulkner  . 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article