Forces nouvelles
Hilmi en blanc sur noir
Plusieurs volumes montrent la diversité de son talent
La vision très personnelle qu’a Driss hilmi de la conception graphique est peut-être avant tout cette fougue de baroudeur infatigable qui s'approprie le monde, Par un retour sur sa propre révélation à l’art, un crayon, une plume ou un pinceau à la main. Il se lance aujourd'hui en blanc sur noir avec des personnages immobiles, des portraits imaginaires, des animaux profitant de l'espace élargi que le peintre leur accorde. Ce sont les `effets de dessin à la pierre noire qui ont donné au dessinateur cette envie de fusain. L'illustrateur aux couleurs fauves trouve dans l'austérité du blanc sur noir des forces nouvelles. Et sans doute ressent-il une certaine euphorie à aller seul son chemin, Qui n’est en fin de compte que Le fameux carré blanc sur noir, puis noir sur blanc ...
Son œuvre picturale s’était caractérisée par sa luminosité car c’etait une explosion chromatique où les couleurs, de préférence pastels, se combinaient et se confondaient savamment. Ils contrastaient étonnamment avec les tracés juvéniles pourtant réalisés à un âge avancé. Son apport au monde de la conception graphique a été si abondant et si fréquemment célébré qu’il est impossible de ne pas reconnaître son oeucre au premier coup d’œil
En comparaison avec les arabesques multicolores d’autres époques et la minutie d’orfèvre dans les moindres détails, la dernière époque de la peinture de Driss hilmi est caractérisée, sauf exceptions, par l’utilisation du trait unique, sobre, d’un seul tracé, comme une adéquation de l’âge à son activité picturale. Parmi ces dessins, on remarquera surtout ses exubérants chefs-doeuvre en noir et blanc ou encore ces fresques presque ailés avec lesquelles il semble qu’il ait, une fois de plus, voulu mettre à épreuve sa prodigieuse maîtrise.
Seul rapport entre sujet et composition, le choix d’une palette féérique, noire et blanche où l’irruption discrète de la couleur ne doit rien au hasard, mais s’inscrit dans la maturation d’une pertinence esthétique. Rejetant les errances du temps, loin des modes et des conventions en usage, ce peintre affirme, avec une juste force, sa singularité, sur le terrain de la contemporanéité. Il réalise ce basculement en noir et blanc. Le blanc et noir énoncent l'opposition clarté-obscurité, autrement dit l'apparition et la disparition de la lumière -, qui est la condition de l'espace peint. Le noir et blanc confère à la peinture, son plus haut degré de spatialisation. Certes de ses peintures noires à grosses Gouttes mélancoliques surgit mystérieusement ce Sourire paisible : la lumière, et l’espérance de la clarté de la vie
Marrakech le 3 Decembre 2007.
Mghazli Ahmed Chawki.